Je t’écris parce qu’il fallait que je te parle de ce film.
Pas à un public. Pas à des lectrices anonymes. À toi, là, qui lis ces lignes ce soir. Parce que si tu es arrivée jusqu’ici, c’est probablement que quelque chose en toi a déjà commencé à frémir 💜
J’ai regardé Je m’appelle Agneta sur Netflix lundi, fatiguée d’une longue semaine de séances, rendez vous et un long week-end entre amis & famille . Je voulais juste me laisser porter, ne penser à rien. Je ne pensais pas que j’allais finir en larmes, à écrire des notes sur mon téléphone , parce qu’Agneta venait de poser des mots sur ce que j’entends , toi peut-être tu le ressens , depuis tellement d’années sans toujours savoir comment le nommer.
Alors je me suis assise. Et j’ai écrit. Pour toi.
Cette femme qui mange son fromage en cachette , peut-être que tu la reconnais
Agneta a 49 ans. Ses enfants sont partis. Son mari s’est trouvé une nouvelle religion : bains glacés, vélo, performance, partenaire d’entraînement plus jeune. Il lui interdit même le fromage , trop gras, trop « pas raisonnable ».
Alors elle en achète quand même. Et elle le mange en cachette, dans sa chambre, la nuit.
Cette image m’a coupé le souffle.
Et je me suis demandé, en la regardant : est-ce qu’elle te parle, à toi aussi ?
Parce que ce fromage caché, ce n’est pas du fromage. C’est tout ce que tu as appris, peut-être sans même t’en rendre compte, à ranger au fond d’un placard. Ton désir. Ton envie. Ta gourmandise. Cette part de toi qu’on a fini par te faire considérer comme excessive, déraisonnable, trop ❤️
Et quand son boulot s’éteint en même temps que ses envies, Agneta fait ce que tu rêves peut-être secrètement de faire à un moment : elle part. Elle accepte un boulot d’au pair en France en Provence. Pas pour un grand amour. Pas pour une aventure spectaculaire. Juste pour respirer. Juste pour retrouver quelque chose qu’elle n’arrivait même plus à nommer. Et se sentir utile … elle correspondait point pour point à cette offre de travail
« Mon mari ne me voit plus » est-ce que tu te dis ça parfois ?
C’est probablement la phrase que j’entends le plus souvent dans mon cabinet.
Et c’est exactement le point de départ du film.
Ce qu’Agneta raconte avec une justesse qui m’a serré le cœur, c’est ce processus si lent qu’on ne le remarque pas pendant qu’il se passe : ce moment où tu cesses d’exister aux yeux de l’autre, et où tu finis par cesser d’exister à tes propres yeux 💔
Ça ne s’est pas fait en un jour. Ça s’est construit à chaque « pas ce soir ». À chaque regard évité au-dessus du téléphone. À chaque conversation remplacée par la logistique du quotidien — les enfants, les courses, les factures, les week-ends prévus mais jamais vraiment vécus.
Et puis un matin, tu t’es regardée dans le miroir, et tu n’as plus su très bien qui était cette femme qui te regardait.
Si tu lis ces lignes en hochant doucement la tête, je veux que tu saches quelque chose, là, maintenant : tu n’es pas seule. Et surtout, tu n’es pas en train d’imaginer ce que tu ressens 🙏
Ce que ton désir essaie de te dire (quand tu acceptes enfin de l’écouter)
Pendant longtemps, on t’a fait croire que ton désir, c’était une question de libido. De technique. Voire d’hormones à corriger.
Je peux te dire,que c’est rarement là que ça se joue.
Ton désir, ce n’est pas un luxe. C’est ta boussole 🧭
Il te dit ce qui est vivant en toi. Ce qui demande à exister. Ce que tu as mis sur pause depuis si longtemps que tu as fini par croire que ça n’existait plus.
Quand le désir s’éteint dans un couple, il est très rare que ce soit « juste » un problème de couple. C’est presque toujours le symptôme de quelque chose de plus profond. Quelque chose qui te ressemble. Quelque chose qui t’appartient, à toi.
Peut-être que tu t’es oubliée pour les autres pendant 15, 20, 25 ans. Peut-être que ton corps a fini par croire qu’il n’avait plus le droit de vouloir. Peut-être que ta voix intérieure, tu l’as fait taire si souvent que tu ne l’entends même plus.
Et quand cette voix se réveille, et crois-moi, elle finit toujours par se réveiller , elle ne fait pas dans la nuance. Elle prend la forme d’une crise. D’un départ. D’une envie de tout casser. Ou parfois, simplement, d’une immense fatigue que tu n’arrives plus à expliquer ❤️
Pourquoi je crois qu’il fallait que je t’écrive ce soir
Je ne suis pas Agneta. Mon parcours est différent du tien aussi, sûrement. Mais ce film m’a renvoyée à toutes les versions de moi-même que j’ai été avant de devenir celle qui t’écrit aujourd’hui.
J’ai repensé aux années où, moi aussi, j’ai mis mes envies dans un placard parce qu’elles dérangeaient. À ces moments où j’ai cru que vouloir, c’était trop. À cette croyance tenace qu’être une « bonne » femme, une « bonne » partenaire, c’était d’abord savoir se faire petite.
Est-ce que ça m’a fait du mal de regarder ce film ? Non. Au contraire ❤️❤️❤️
Il m’a permis de mesurer tout le chemin parcouru. De me dire que je n’ai pas à regretter qui j’étais. Que je suis profondément fière d’avoir traversé tout cela et d’être devenue celle que je suis maintenant ,celle qui peut t’écrire ces mots ce soir.
Et il m’a rappelé pourquoi je fais ce métier. Pourquoi j’ai créé Voyage Intime. Pourquoi je crois si fort, si profondément, qu’il n’est jamais trop « tard », qu’on est jamais trop « vieille », jamais trop « abîmée » pour se reconnecter à soi 🙏
Merci à celles et ceux qui m’ont accompagnée sur ce chemin, qui m’ont écoutée sans jugement quand je n’avais plus de mots. Vous m’avez permis de lâcher prise ❤️ Vous savez qui vous êtes.
Tu n’as pas besoin de partir en Provence
Voilà ce que j’ai envie de te dire, là, comme si on était assises l’une en face de l’autre.
Tu n’as pas besoin de tout quitter. Tu n’as pas besoin de partir au soleil. Tu n’as pas besoin d’un grand geste cinématographique pour amorcer ce qu’Agneta amorce dans ce film.
Tu as juste besoin de t’autoriser. À écouter. À explorer. À vouloir. Sans culpabilité, sans drame, sans tout faire exploser ✨
Le travail que je fais avec les femmes et les couples qui poussent la porte de Voyage Intime, c’est exactement celui-là. Pas un travail de « réparation » , parce qu’il n’y a rien à réparer en toi. Un travail de réveil. De réécoute. De retrouvailles avec une part de toi que tu avais, sans le vouloir, mise en sourdine.
Trois questions, ce soir, juste pour toi
Si ce film t’a remuée ,ou si simplement, en lisant cette lettre, quelque chose en toi a frémi , je voudrais te laisser avec trois questions. Doucement. Sans chercher la « bonne » réponse. Juste pour écouter ce qui monte.
1. Quel est ton « fromage caché » ? Cette envie, ce désir, cette part de toi que tu as appris à dissimuler — à ton/ta partenaire, à ton entourage, ou même à toi-même.
2. Quand est-ce que tu t’es sentie vraiment vue pour la dernière fois ? Pas regardée. Vue.
3. Si tu t’autorisais une seule chose cette semaine, juste pour toi — ce serait quoi ?
Ne réponds pas tout de suite. Parfois, il suffit que la question soit posée pour que quelque chose, en toi, commence à bouger ✨
Si tu veux qu’on en parle, vraiment
Je sais qu’il y a une distance entre lire un article et oser pousser la porte d’un cabinet. Je le sais parce que je suis passée par là, moi aussi, dans d’autres versions de ma vie 🙏
Alors si tu sens qu’il est peut-être temps d’explorer ce qui se passe pour toi — seule, ou en couple — sache que ma porte est ouverte. Sans engagement. Sans pression. Juste un premier pas.
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Et si tu as vu Je m’appelle Agneta, je serais tellement touchée que tu me racontes ce que ça a réveillé en toi. Écris-moi. Réponds en commentaire. Envoie cet article à cette amie à qui tu penses là, maintenant, en lisant ces lignes 💜
Parce que tu as une Agneta quelque part en toi. Et tu n’as pas à le faire seule ❤️
À très vite,
Joan Sexothérapeute & thérapeute de couple Voyage Intime — explorer le désir

Juste un merci….
Parce que c’est important à dire aussi.